LA CHUTE DU MUR DE BERLIN A 20 ANS
Dossier réalisé par Benoit Bouscarel et Guillaume Schnee
Pendant 28 ans, du 13 août 1961 au 9 novembre 1989, la ville de Berlin a été coupée en deux. D’un côté du mur, le communisme régnait sans partage, sous les ordres de Moscou. De l’autre, Berlin Ouest était une enclave occidentale en RDA (République Démocratique d’Allemagne). 20 ans après la fin du mur de Berlin, Le Mouv’ revient sur cette histoire, qui est celle de toute l’Europe…
C’est la guerre froide qui explique l’existence du mur de Berlin. Après la seconde guerre mondiale, les alliés victorieux de l’Allemagne nazie veulent la paix et la stabilité. Mais tous n’ont pas les mêmes avis sur les moyens d’y parvenir. Staline en particulier veut protéger l’URSS en contrôlant le plus possible de territoires en Europe de l’est. Il prend le contrôle de pays satellites, qui seront réunis dans le pacte de Varsovie. En face, à l’ouest, l’OTAN s’inquiète, et la tension monte.
Jean-François SOULET, historien, spécialiste de l’Europe de l’Est.

COUPÉS DU MONDE !
C’est l’Est qui a décidé de se couper du monde. Moscou dit vouloir se protéger, en fermant le rideau de fer. En réalité, quand le mur de Berlin est construit, il est surtout destiné à stopper la fuite des habitants de la RDA (République Démocratique d’Allemagne), attirés vers l’ouest, plus riche et plus libre. On estime que dans les 15 années qui ont suivi la fin de la guerre, le quart des habitants de la RDA ont fuit vers l’ouest !

La RDA (l’Allemagne de l’Est) aura vécu 40 ans, dont 28 coupée du monde. Ellen a vécu toute sa jeunesse dans cet étrange pays. Elle est née à Dresde, et avait 2 ans quand le mur de Berlin a été construit. Et elle a dû attendre l’âge de 30 ans pour enfin pouvoir voyager !
Mais elle ne regrette pas ce qu’elle considère comme une expérience de vie. Aujourd’hui encore, elle a conservé certaines valeurs de l’Est, importantes pour elle.
Erick, lui aussi habitant de Dresde, avait 7 ans en 1989. Il garde un peu de nostalgie de son enfance. « Tout y était plus facile », dit-il. Même si la manipulation idéologique des enfants était flagrante.
LA STASI SURVEILLE, LES VOPOS TIRENT
La RDA, c’était peut-être pas l’enfer dans la vie quotidienne, comme le disent nos deux témoins. Mais le manque de liberté politique, la surveillance constante de la Stasi, le contrôle de la culture et l’impossibilité de voyager, sont devenus de plus en plus insupportables pour les Allemands de l’Est. Peu à peu, les choses ont donc évolué naturellement, notamment à l’initiative des jeunes. Â
Jean-François SOULET, historien...
Cette frustration incite les Allemands de l’Est à fuir, coûte que coûte et par tous les moyens. Le Parti au pouvoir en RDA (le SED, le Parti Socialiste Unifié d’Allemagne) a donné l’ordre aux policiers (les tristement célèbres Vopos) de tirer à vue sur les fuyards qui tentent de franchir le mur de Berlin. Entre 1961 et 1989, on estime que plus d’un millier d’Allemands de l’Est mourront dans ces conditions.
DEBUT D’OUVERTURE
Il faudra attendre l’été 89 pour voir le mur de Berlin commencer à s’effriter. Paradoxalement, c’est en Hongrie que le phénomène commence.
Jean-François SOULET, historien...
A partir de ce moment, le mur de Berlin ne sert plus à rien ! Les dirigeants de la RDA, vieillissants et coupés des réalités dans un régime à bout de souffle ne semblent pas s’en rendre compte. Mais les habitants, eux, commencent à sentir le parfum de la liberté, et accentuent la pression sur le SED, dirigé pour quelques jours encore par Erich Honecker.
Jean-François SOULET, historien...

LES 40 JOURS D’EGON KRENZ
C’est en effet el 18 octobre 1989 qu’Erich Honecker est remplacé par Egon KRENZ à la tête du SED. Le régime est en lambeaux, et la RDA moribonde. Quelques jours plus tôt (le 7), lors des célébrations du 40ème anniversaire de la RDA, Michail Gorbatchev est à Berlin Est, et répond à sa manière aux manifestations qui demandent plus de libertés et des réformes : il indique clairement que quoi qu’il arrive, l’armée rouge n’interviendra pas pour mater une éventuelle rébellion.
Cette annonce est comme un signal pour les manifestants est-Allemands… Le 9 novembre approche !
Jean-François SOULET, historien...
L’ALLEMAGNE PANSE SES PLAIES
Dans les jours qui suivent le 9 novembre 1989, c’est l’euphorie ! Est-Allemands et Ouest-Allemands se découvrent mutuellement. Les familles qui étaient séparées depuis 28 ans se reforment, et les vieux amis se retrouvent. Mais les monnaies ne correspondent pas. Les niveaux de vie non plus. A l’est, tout était à reconstruire…
Jan-Philippe SCHLÜTER, journaliste pour la radio Das Ding, à Baden-Baden…
Après la chute du mur de Berlin, la réunification de l’Allemagne a pris moins d’un an. Le 3 octobre 1990, la RDA se dissout dans la RFA… Qui devient l’Allemagne.
Mais les cicatrices demeurent encore aujourd’hui, à l’intérieur du pays. Et des écarts subsistent entre les anciennes régions de l’est et les anciennes régions de l’ouest…
Jan-Philippe SCHLÜTER…

Pour nous, étrangers, le chute du mur fut avant tout liée aux images télévisées et cinématogaphiques. Des images d'archives terribles mais surtout des images de liesse, de graffitis, de Rostropovitch jouant Bach, du gigantesque concert de Pink Floyd jouant The Wall sur la Postdamer Platz quelques mois après la chute du mur et bien sûr ces images de films sur fond de guerre froide...
QUELQUES LIENS :
http://www.radiofrancefaitlemur.fr
http://www.ina.fr
http://tv5.org
http://www.dwelle.de/dw/article/0,,4434843,00.html
http://dasding.de
http://www.berlin.de/mauer/index.fr.html
http://www.guerrefroide.net/
http://www.ena.lu/manifestation_construction_mur_berlin_16_aout_1961-010701329.html
http://www.berlin1989.com/presse.php?lang=FR
FILMOGRAPHIE SELECTIVE :
Les Ailes du desir de Wim Wenders (1987)
Le Rideau déchiré d'Alfred Hitchcock (1966)
Le Perroquet rouge de Dominik Graf (2006)
Hedwig and the Angry Inch de John Cameron Mitchell (2001)
Le Tunnel de Roland Suso Richter (2001)
Berlin is in Germany de Hannes Stohr (2001)
Good Bye Lenin! de Wolfgang Becker (2002)
La Vie des autres de Florian Henckel von Donnersmarck (2006)
L'Affaire Farewell de Christian Carion (2009)
BIBLIOGRAPHIE SELECTIVE :
"Le Mur de Berlin et la chute du communisme espliqué à ma fille" de Marc Ferro
"Les Origines de la Perestroika" de Marc Ferro
"Crise et fin du communisme" d'Odile Jacob
"Le Jour ou le mur est tombé" de Georges Marion
"Art-Mur de Berlin" de Jean-Luc Faby
"20 ans déjà Irina" de Patrick de Friberg
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Commentaires
ouvrir/fermer | voir les 2 commentaires | commenterGuillaume Schnee
a écrit à 8h47 le 30 octobre 2009
Merci à toi pour cette info. Le lien est intégré.
Anonyme
a écrit à 19h41 le 29 octobre 2009
La présentation de Déjà 20 Irina est disponible sur http://www.youtube.com/watch?v=vczZ9oF2XZ4 et bientôt disponible en libraire.